Il y a des « familles sans musique », des « familles avec musique » et des « familles en musique ». Pour ces deux dernières, la différence ne saute pas immédiatement aux yeux et pourtant…
J’appelle la « famille avec musique », celle pour laquelle elle est une institution, un passage obligé souvent laborieux, sans fruit et sans saveur ; celle pour laquelle l’enfant doit tous les jours s’asseoir à son piano parce que « c’est comme ça, tu t’amuseras plus tard, pour le moment tu fais tes arpèges ». Derrière, bien souvent des parents qui eux-mêmes n’ont pris aucun plaisir à en jouer et qui aujourd’hui « regrettent » au nom d’une théorie selon laquelle « la musique, c’est tout un monde qui s’ouvre à vous »! Alors…comme papa ou maman, conservatoire, solfège, cours particuliers, ce violoncelle dont on ne sait jamais quoi faire et, au bout, combien d’enfants devenus adultes goûtant au plaisir d’une mélodie ou d’une improvisation personnelle ?
La « famille en musique » vit en musique ; elle est une seconde nature. L’enfant baigne dès son plus jeune âge dans un microcosme musical éclectique : l’oncle qui s’est fait un nom dans le milieu, la grande sœur, bien partie pour marcher sur ses pas, le père et son répertoire de chansons paillardes que la famille reprend à tue-tête, le grand frère sur les traces de ses origines polonaises et enfin, le grand-père qui déchiffre éternellement parce qu’il y a un âge où l’on oublie toujours un peu plus.
Cette famille reste bien sûr une exception. Et entre ces deux modèles familiaux, il existe une foultitude de façon d’aborder le domaine musical chez l’enfant. Mais, je crois que le sensibiliser à la musique ne peut se faire qu’en lui laissant entrevoir la joie, le plaisir et l’excitation que l’on peut avoir en jouant et notamment à plusieurs. Je ne suis pas sûr que le confronter dès son plus jeune âge à un effort quotidien et uniquement solitaire lui soit profitable. Pour susciter et surtout pour entretenir l’envie, le jeu en groupe ou en orchestre est assez convaincant. Mon aîné apprend deux fois plus rapidement un morceau qu’il doit jouer avec d’autres qu’une partition en solitaire. Le choix d’un instrument pour l’enfant devrait se faire en tenant compte de cet argument.
Oui mais voilà, il n’a pas envie ! Si vous tenez à la musique pour votre enfant, il ne vous reste qu’à susciter cette envie, en toute patience. Allez voir ensemble des concerts, des spectacles, la copine qui, elle, joue dans l’orchestre. Mais ne vous reposez pas sur la flûte à l’école, « la grande escroquerie scolaire », une calamité… Tous les parents le constatent ça fait pourtant plus de 40 ans que ça dure.
S’il y a parmi nous, dans cette communauté, un ou une prof de musique et… aimant la musique, capable de défendre cette discipline sportive, je suis prêt à m’intéresser à ses arguments si toutefois ils ne se cantonnent pas à de la compassion à l’égard des plus défavorisés !
Par chalucine | Il y a 4 ans 2 mois |
Initiée à la musique dès le plus jeune âge (solfège, orchestre, flûte traversière), la lourdeur de l'enseignement théorique (3h de solfège contre 1/2 heure d'instrument seulement) m'a, dès l'adolescence, détournée de l'appentissage.
Adulte, j'ai repris des cours de flûte pour mon plus grand plaisir. La partition me parlait enfin, ce n'était plus de simples notes accolées les unes aux autres que l'on déchiffre avec difficulté mais un monde merveilleux qui s'ouvrait à moi... tout ceci j'avais été incapable de le comprendre enfant, accablée par des cours de solfège trop théoriques!
Par sasa124 | Il y a 4 ans 2 mois |
Bonjour,
Moi, je suis prof de musique, en collège, zone sensible, ZEP... bref je me colle à un public réputé "difficile". Alors, comment faire de mon enseignement autre chose que ce que chaque parent a en mémoire, un cours "récréation" où l'on torture la flûte pendant une heure...
Sachez que la flûte n'est pas obligatoire dans les programme mais c'est la "pratique instrumentale" qui l'est.
Alors, comment faire pratiquer un instrument à 500 gamins dont le niveau social est très bas ? Evidemment, la flûte apparait comme une évidence financière... mais il faut savoir que de plus en plus d'établissements investissent dans d'autres instruments. Pour ma part, nous avons des djembes qui nous permettent vraiment de vivre la musique. D'autres auront des claviers, une batterie ou encore des percussions. Tout n'est question que de moyens accordés ou non dans chaque collège.
Donc, oui, la majorité des élèves joue et jouera encore longtemps de la flûte, mais il ne faut pas oublier les profs qui se bougent pour essayer de rendre vivant tout cela, en montant des projets,en cherchant des financements pour les instruments, en faisant venir des instrumentistes au collège, en allant voir des concerts avec les élèves...
Pour ce qui est du conservatoire, je suis également de votre avis... je ne compte plus les élèves qui ont arrêté la musique à cause de profs bcp trop exigeants qui ont oublié que faire de la musique devait avant tout être un plaisir ! Alors oui aux ateliers de pratique collective et à la découverte de la musique en douceur !
Par peg | Il y a 4 ans 2 mois |
Que de bos souvenirs la marseillaise à 30 à la flûte! Mais j'ai aussi donné au collège dans le piano en carton! Si,si on avait tous un piano dessiné et le prof jouait sur son piano et nous reproduisions ce que nous pouvions c'était.....silencieux comme musique!
Par Tania | Il y a 4 ans 2 mois |
Bien vu le coup de la flûte...
J'irais plus loin, l'institution musicale en France (comme d'autres, toujours en France) à de quoi rebuter des tripotés de gamins.
Comme chaque art, la musique se vit, se ressent de façon très personnelle...
Hors en France, les fameuses arpèges, la théorie, prennent le dessus sur l'essentiel, et les mômes passent à côté du plaisir...quel dommage, quand ils auront compris, les pontifs des conservatoires, on aura perdu quelques Mozart en route.
C'est plutôt lamentable comme système.
Chez nous (on est bel et bien une "famille en musique"), ma fille d'à peine 4 ans (enfantée en musique) ne compte plus les concerts : classique, jazz, soul...
Je chante dans un duo acoustique et participe souvent à mes répétitions à la maison. (en ce moment elle travaille son vibrato - je me cache pour pleurer d'émotion dans ces moments là!!!)
Si un jour elle manifeste vraiment L'ENVIE d'apprendre gammes et arpèges, alors elle ira, pour l'instant on met à sa disposition un maximum d'instruments pour qu'elle pratique.
Grappelli et Reinhardt n'ont pas fait le conservatoire !!!
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